Ce que vous ne saviez pas des Organisations Non-Gouvernementales Etrangères (ONGE)

ONGA l’heure où la suspension des ONGE au Burundi fait couler beaucoup d’encre et de salive, prenez quelques minutes pour essayer de comprendre les  ONGE comme présenté ci-après :

 Le grand mouvement de création des ONGE prend naissance après la deuxième grande guerre. Il prend aussi naissance de la déclaration universelle  des droits de l’homme. Les pays dits capitalistes  occidentaux obligeaient aux pays communistes comme la Russie et la Chine le respect des droits civils et politiques tandis que ces derniers leur imposaient la reconnaissance des droits économiques pour réduire la pauvreté dans les pays en voie de développement. Ainsi est né le concept d’aide au développement.

Cela signifiait que les pays capitalistes devraient contribuer à l’éradication de la pauvreté via l’aide au développement en faveur des pays sous-développés.

Quelle a été donc la stratégie des capitalistes avec les ONGE en Afrique et dans les pays moins avancés économiquement ?

Au lieu de donner de l’argent directement aux gouvernements, ils ont encouragé la création des ONG par lesquelles leurs aides devraient transiter pour aider les peuples sous développés.  Ils donnent alors de l’aide directement aux ONG qui dépendent directement d’eux avec l’obligation de recruter leurs ressortissants qui seront même plus de 10 fois rémunérés que le personnel local. Ce qui est étonnant, la plus part de ces expatriés n’ont  plus de compétences ni plus qualifiés que les locaux ; le grand du travail étant effectué par les nationaux tandis qu’eux ne font que sillonner le monde et signer des chèques.

Si les gouvernements africains étaient alors suffisamment efficaces, et ils devraient passer à  la vérification minutieuse du travail de ces ONG et sans doute trouveront-ils que plus de 60 % de cette aide retourne directement chez les donateurs.

En retour, on peut s’imaginer que ces expatriés sont des agents de l’intelligencia pour le compte de leurs pays. Vous comprendrez donc que la plupart de ces ONGE qui sont stables sont affiliés aux pays qui les financent et que les aides au développement sont devenues un instrument de domination des donateurs par leurs conditionnalités faisant perdre la souveraineté aux pays bénéficiaires des aides. Ces derniers l’avaient déjà remarqué et ont essayé de se protéger à  partir des conventions de coopération.

Ainsi, dans les conventions de coopération entre les ONGE et les gouvernements, certains gouvernements  exigeaient que  le personnel expatrié doive avoir des expériences et qualifications localement introuvables.  Toutefois, par exemple au Burundi, ces gens n’ont pas pu démontrer qu’ils sont plus compétents et qualifiés que les burundais. Ils profitaient seulement du laxisme du gouvernement  qui ne suit ni évalue le respect de ces conventions.

Ce laxisme ne signifie pas que le gouvernent dort, il est plutôt encouragé d’entrer en profondeur pour disséquer le fonctionnement des ONGE et vérifier si les expatriés sont plus qualifiés que les burundais. Il devrait vérifier minutieusement leurs budgets et leur gestion et balancer entre ce qu’il gagne directement par rapport à  ce qui constitue les charges de ces expatriés. Cela leur permettra de savoir s’il s’agit d’une aide au développement du Burundi ou d’une aide au développement des expatriés. En conséquence, cela permettra au gouvernement de prendre une bonne décision pour reformer ce secteur comme au Kenya où le gouvernement a obligé aux ONGE de traiter les expatriés au même titre que le personnel local en matière de rémunération( même barèmes salariaux ).

Pour ce qui est du recrutement du personnel local, je comprends que les ONGE ont leurs valeurs et leurs lignes directrices édictées par les bailleurs et les conventions interdisant la discrimination dans toutes ses formes. Ça devient ainsi contraire à  leur étique de suivre certains exigences du gouvernement par exemple en matière de recrutement.

Néanmoins, en pratique,  il ya des indicateurs discriminatoires malgré leur étique et les dispositions de la Constitution et du Pacte international des droits civils et politiques relatifs à  l’interdiction de la discrimination sous toute ses forme (exemple, expérience des années, sexe féminin ou masculin, les références, formes de contrats etc.).

De ce qui précède, le gouvernement devrait :

  • Privilégier et protéger le staff local dans le recrutement quelque soit le poste ;
  • Apprécier le programme d’activités des ONGE en terme de leur impact sur la population et non seulement en terme du volume de l’argent qu’elles apportent ;
  • Favoriser la coopération, la collaboration et l’entente avec ces ONGE dans la recherche des solutions plutôt que de prendre des décisions unilatérales par surprise ;
  • Créer une structure de suivi fonctionnel pour corriger le laxisme dans le suivi et l’évaluation des ONGE afin d’éviter à temps des décisions qui peuvent porter préjudices aux intérêts des parties ;
  • Exiger que tous les recrutements soient faits par des organismes indépendants quitte à ce que le processus soit transparent et que les résultats puissent être vérifiés par tout intéressé;
  • Interdire les critères discriminatoires dans les recrutements tels que les années d’expériences (on ne nait pas avec l’expérience), le sexe, la région, la religion, l’ethnie tel que proclamée par notre Constitution et les autres instruments juridiques internationaux.

Par Appolinaire Nishirimbere

 

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